Faire médecine, oui mais….

Les études de médecine attirent beaucoup de jeunes, même si nous assistons  à une désaffection pour pharmacie. Peu ou pas de  chômage, un métier bien perçu dans l’opinion, avec un bon niveau de vie et plutôt gratifiant. Par contre, c’est un concours particulièrement difficile qui peut en décourager plus d’un. Même si la réforme permet maintenant d’accéder directement en deuxième année d’université quand un jeune loupe le concours de première année, il est toujours difficile d’investir  une formation pour se retrouver déçu par un classement qui ne prend pas en compte les notes ou le travail réel. Dans la plupart des cas, cela suppose de partir à fond, de ne pas prendre dE retard et de bien se classer pour espérer obtenir le concours (primant) ou doubler son année.

OUI, MAIS d »Amiens à  Toulouse, les chances ne sont pas les mêmes. Le Nord de la France (Amiens, Besançon, Rennes) affiche un  numérus clausus (nombre de personnes admissibles au concours) bien meilleur que le sud, toutes villes confondues. Depuis un an, Bordeaux, Toulouse, Marseille ont perdu 10 places au concours de médecine. Par contre, des villes comme Lille, Dijon, Besançon en ont gagné !!  Pourtant, globalement, le numérus clausus a augmenté, passant de 4000 places à 7000 en dix ans.

Cette première année appelée PAES est commune aux études de Sage-femme, dentaire, médecine et pharmacie.  Chaque année est divisée en 2 quadrimestres (4 mois).

Lors du premier quadrimestre, tous les étudiants suivent le même programme sanctionné en janvier par un concours commun. Au second quadrimestre, une partie du programme est commune à tous les étudiants et l’autre partie dépend de la voie choisie (médecine et pharmacie par exemple, ou sage-femme et médecine). Ce choix conditionne le concours du mois de mai.  En juillet, l’étudiant reçoit les résultats du ou des concours qu’il a passé. S’il est classé en rang utile (si le numérus clausus correspond – par ex. à 30 pour SF et qu’il est 29ème il est admis à passer en deuxième année)il sera admis dans la spécialité choisie. Sinon il peut refaire une année (redoublement). Pour un tiers des inscrits, le redoublement ne sera pas possible et ils seront réorientés (admis d’emblée en deuxième année de licence à l’université ou L2).

Le problème du classement et des spécialités se retrouve au moment de certains choix; quand un jeune est parti pour être médecin et que son classement lui permet d’être plutôt pharmacien, au bout du compte, il ne s’y retrouve pas vraiment. Si sa vocation est de soigner, d’aider et de soulager,  alors réussir pharmacie ne correspond pas forcément à cette vocation. Le pharmacien est dans le diagnostic, le conseil et la vente, pas dans le soin.

Chaque faculté possède son programme. Pour pouvoir étudier dans une faculté autre que celle de son domicile, il faut obtenir une dérogation (avec lettre de motivation et bulletin de notes). Il est important aussi de savoir être autonome, de pouvoir s’assumer loin de chez ses parents, de se débrouiller avec les problèmes matériels. Or, souvent, les jeunes me disent qu’ils courent après le temps. Eviter toute l’intendance matérielle et les transports peut être un plus. Mais il faut il réfléchir et peser le pour et le contre. Un jeune peut réussir à Besançon quand il échouera à Marseille.

Une jeune toulousaine ayant réussi le concours cette année me disait récemment que pour se préparer à ce concours, elle voyait ses amis au compte-gouttes !!  Il faut savoir que c’est une année tellement chargée qu’elle pourrait être comparée à du sport de haut niveau qui demande un bon mental, une bonne hygiène de vie et un travail régulier.

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